La tension reste vive dans le secteur de l’éducation en Guinée. L’intersyndicale SNE-FSPE a annoncé ce mercredi la reprise effective de son mot d’ordre de grève à compter du lundi 5 janvier 2026, après l’échec des négociations avec le gouvernement.
Lors d’un entretien accordé à notre rédaction, le secrétaire général du Syndicat national de l’Éducation, Michel Pépé Balamou, a affirmé que la suspension de la grève observée début décembre n’a pas permis d’aboutir à un accord satisfaisant. Selon lui, les discussions avec les autorités « patinent » en raison de ce qu’il qualifie de « manœuvres dilatoires » de la part du gouvernement.
« Après la suspension du mot d’ordre, il y a eu une reprise des négociations, mais malheureusement le gouvernement n’a pas fait preuve de bonne foi. Les 20 jours de congés n’ont pas été mis à profit pour trouver une solution avant la reprise des classes », a-t-il déclaré.
Une grève maintenue malgré d’éventuelles négociations
Un professeur de philosophie, membre de l’intersyndicale, a indiqué que même en cas d’invitation officielle du gouvernement à la table des négociations, la grève ne sera pas levée sans la signature d’un protocole d’accord satisfaisant l’ensemble de la communauté éducative.
« Cette fois-ci, on va négocier dans la grève. Tant qu’il n’y aura pas une fumée blanche qui satisfasse les enseignants, le mouvement sera maintenu », a-t-il affirmé.
Des accusations sur le recrutement de fonctionnaires
Le syndicat dénonce également des irrégularités dans le recrutement récent de fonctionnaires. Selon les responsables syndicaux, 1 615 agents auraient été engagés le 21 octobre 2025, puis pris en charge à la fin du mois de novembre, sans concours ni évaluation pédagogique formelle.
Dans le même temps, les enseignants contractuels communaux, en poste depuis 2018, resteraient sans salaires ni intégration à la fonction publique.
« On exige des contractuels qu’ils passent un concours, mais d’autres ont été recrutés par des méthodes officieuses. Pendant ce temps, ceux qui sont sur le terrain depuis des années ne sont pas payés », a dénoncé un responsable syndical.
Principales revendications
L’intersyndicale réclame notamment :
la signature du statut particulier des enseignants et ses modalités d’application ;
l’engagement des enseignants contractuels communaux non retenus, des omis et des contractuels de Conakry ;
la régularisation de la situation administrative et salariale des enseignants concernés.
Appel à la responsabilité
Les responsables syndicaux ont également lancé un appel aux fondateurs d’écoles publiques, leur demandant de s’abstenir de toute ouverture des établissements durant la grève, afin d’éviter des tensions avec les élèves et leurs parents.
La reprise de la grève intervient alors que l’année scolaire reprend dans un climat déjà fragilisé par plusieurs mois de revendications sociales dans le secteur de l’éducation.
Diplomate pour nouvelleinfo
