Le 31 mai prochain, le peuple de Guinée sera appelé aux urnes pour choisir ses représentants à travers trois scrutins majeurs : les élections législatives uninominales, plurinominales, la liste nationale ainsi que les élections communales. Ce rendez-vous électoral constitue une étape importante dans la consolidation institutionnelle et démocratique de notre pays.
Aujourd’hui, au regard des performances économiques enregistrées et des perspectives de développement impulsées par le Président de la République, Mamadi Doumbouya, une tendance semble clairement se dessiner : le mouvement politique GMD dispose d’un fort ancrage populaire et pourrait remporter la quasi-totalité des préfectures aux scrutins uninominal et plurinominal et communal. Mais une réalité stratégique mérite d’être posée avec lucidité et sans détour : l’absence de la GMD sur la liste nationale constitue un véritable défi politique et pédagogique.
Le principal enjeu réside désormais dans la capacité du mouvement à orienter efficacement son électorat vers les partis alliés engagés sur cette liste. Or, sur le terrain, le constat est préoccupant. Dans plusieurs préfectures de l’intérieur du pays, mais également dans de nombreux quartiers de Conakry, une confusion persiste entre les partis alliés de la GMD et les autres formations politiques. Beaucoup d’électeurs peinent encore à identifier clairement les forces politiques soutenant la vision présidentielle.
Dans ce contexte, il devient impératif d’éviter toute stratégie de dispersion ou de communication excessive. Vouloir promouvoir simultanément tous les partis alliés dans l’ensemble des préfectures risque d’être contre-productif. Une telle approche pourrait semer l’amalgame, désorienter les électeurs et entraîner un nombre important de bulletins nuls.
En effet, face à une multiplicité de consignes mal comprises, certains citoyens pourraient être tentés de cocher plusieurs partis alliés sur un même bulletin, pensant ainsi soutenir la mouvance présidentielle, alors que cela conduirait tout simplement à l’annulation de leur vote.
La meilleure approche serait donc d’adopter une stratégie territoriale claire et pragmatique.
Les partis alliés devraient être répartis selon leur poids politique, leur implantation locale et leur capacité de mobilisation dans les quatre régions naturelles du pays. Cette méthode permettrait de simplifier le message adressé aux électeurs, de réduire les confusions et d’optimiser les résultats sur la liste nationale. L’heure n’est plus à l’improvisation, mais à l’efficacité politique. Une victoire électorale ne dépend pas uniquement de la popularité d’un leadership ; elle repose également sur la clarté des consignes, l’organisation du terrain et la pédagogie électorale.
Le 31 mai sera donc autant un test de popularité qu’un test de stratégie. Bonne chance à notre GMD.
Diplomate pour nouvelleinfo
