N’Djamena va déployer 750 membres de ses forces de sécurité dans le cadre de la Force de répression des gangs (FRG) en Haïti, supervisée par les Nations unies.
« 750 militaires sous la couverture de la police et de gendarmerie vont intégrer la force de répression des gangs (FRG) à la demande des Nations Unies », a indiqué à l’AFP un officier tchadien sous couvert d’anonymat. Ce déploiement a été confirmé par le ministère tchadien des Affaires étrangères.
Les gangs, qui contrôlent la quasi-totalité du territoire de la capitale Port-au-Prince « ont étendu leur influence au-delà de la capitale » ces 12 derniers mois, selon l’ONU.
« Le départ du premier contingent est prévu fin mars et son déploiement se déroulera jusqu’en juin. Le Tchad répond à un appel des Nations unies qui jouent un rôle de supervision et de soutien logistique pour la FRG », a précisé l’officier tchadien.
Armée tchadienne mobilisée
Le Tchad est lui-même confronté à plusieurs menaces, dont la guerre au Soudan voisin, qui déborde régulièrement sur son territoire, au point que la frontière commune est fermée depuis le 23 février. Le pays accueille par ailleurs près d’un million de réfugiés soudanais.
L’armée tchadienne est également mobilisée par la persistance des combats avec des groupes rebelles, qui ont fait plusieurs morts dans le Sud à la mi-janvier, ainsi que par la menace des groupes jihadistes dans la région du Lac Tchad.
Pas d’élections depuis 2016
Des opérations de la police haïtienne sont menées quotidiennement dans le centre-ville de Port-au-Prince avec l’appui de la FRG et d’une entreprise de sécurité privée.
Le pays, qui n’a pas connu d’élections depuis 2016, est depuis dirigé par des autorités de transition qui ne parviennent pas à enrayer la violence, mais ont annoncé l’organisation d’élections législatives et présidentielle à l’été 2026.
Les violences perpétrées par les gangs et les attaques visant ces derniers en Haïti ont fait plus de 5 500 morts entre mars 2025 et mi-janvier, selon un nouveau rapport du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme publié mardi.
Selon un récent rapport de l’Unicef, environ 1,4 million de personnes ont été déplacées dans le pays en raison des violences dans la capitale, soit plus de 10 % de la population, dont plus de 740 000 enfants.
(Avec AFP)
Diplomate pour nouvelleinfo
