I. La légitimité présidentielle et l’exigence historique du rassemblement
L’accession du Président Mamadi Doumbouya à la magistrature suprême de la Ve République, à l’issue d’une élection présidentielle marquée par une adhésion populaire forte, sanctionnée par 82,72 % des suffrages, constitue un moment politique majeur dans l’histoire contemporaine de la Guinée. Ce résultat, au-delà de sa portée électorale, traduit une attente profonde de refondation, de stabilité et de gouvernance responsable.
Dans les sociétés africaines, et particulièrement en Guinée, la légitimité politique ne se mesure pas uniquement à la victoire électorale, aussi éclatante soit-elle. Elle se consolide dans la capacité à rassembler, à écouter et à intégrer les sensibilités multiples qui composent la nation.
Le Président Doumbouya, par son parcours, son sens de l’État et sa lecture stratégique des enjeux nationaux, a montré qu’il comprenait cette réalité fondamentale.
L’histoire enseigne que les grands chefs d’État, une fois investis d’une forte légitimité populaire, ont su dépasser la logique de la victoire pour entrer dans celle de la réconciliation nationale. Abraham Lincoln rappelait avec justesse que « une nation ne peut survivre à moitié libre et à moitié divisée ». Cette leçon demeure universelle.
La main tendue du Président de la République s’inscrit ainsi dans une démarche de consolidation institutionnelle et non de simple ouverture politique. Elle répond à une exigence guinéenne profonde : préserver l’unité nationale dans un pays riche de sa diversité ethnique, culturelle et politique, mais souvent fragilisé par les fractures héritées de son histoire.
II. Société civile, forces politiques et culture du consensus : une tradition à réactiver
La Guinée possède une tradition socioculturelle fondée sur la palabre, le respect des anciens, la médiation communautaire et la recherche du compromis. Ces valeurs, longtemps marginalisées dans la pratique institutionnelle, constituent pourtant un levier puissant pour refonder la gouvernance nationale.
La société civile guinéenne, par sa flexibilité, sa proximité avec les réalités locales et sa capacité d’adaptation, peut jouer un rôle structurant dans l’accompagnement de la vision présidentielle. Elle n’est ni un contre-pouvoir systématique ni un simple relais institutionnel : elle est un acteur de cohésion, capable de traduire les politiques publiques en acceptation sociale.
Les forces politiques, quant à elles, portent une responsabilité historique. Dans les moments charnières, les grandes nations ont su transformer la compétition politique en coopération nationale. Nelson Mandela, après son élection en Afrique du Sud, affirmait : « La liberté ne consiste pas seulement à se débarrasser de ses chaînes, mais à vivre en respectant et en renforçant la liberté des autres. » Cette philosophie a permis l’intégration des anciens adversaires dans un même projet national.
La Guinée, engagée dans une nouvelle ère républicaine, a aujourd’hui l’opportunité de bâtir une culture politique fondée non sur l’exclusion, mais sur la participation responsable.
La reconnaissance mutuelle entre pouvoir, opposition et société civile est la condition d’un État fort, respecté et durable.
III. Le Gouvernement d’Union Nationale : un choix stratégique pour la stabilité et le progrès
Dans ce contexte, la formation d’un Gouvernement d’Union Nationale apparaît non comme une nécessité conjoncturelle, mais comme un choix stratégique de gouvernance. Les exemples internationaux abondent. En France, le Général de Gaulle affirmait que « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille », rappelant que l’intérêt supérieur de la nation doit primer sur les calculs partisans. Ses gouvernements d’ouverture ont permis de stabiliser durablement la République.
Un gouvernement d’union nationale, sous l’autorité du Président Mamadi Doumbouya, permettrait :
d’associer les principales forces politiques représentatives du pays ;
d’intégrer des compétences issues de la société civile, du monde académique, économique et social ; de renforcer la crédibilité des réformes structurelles engagées par la Ve République ;
d’apaiser durablement le climat politique et social.
Loin d’affaiblir le pouvoir exécutif, cette approche renforcerait l’image d’un Président sûr de sa légitimité, confiant dans sa vision et capable d’inscrire son action dans le temps long. Elle enverrait un message fort aux citoyens comme à la communauté internationale : celui d’une Guinée qui choisit la maturité politique et la stabilité institutionnelle.
Le Président Mamadi Doumbouya, par son leadership, son sens de l’État et sa lecture stratégique des attentes populaires, incarne aujourd’hui une opportunité historique pour la Guinée. La main tendue qu’il propose doit être comprise comme un acte fondateur de la Ve République, appelant à une responsabilité collective.
Dans cette dynamique, l’union nationale n’est pas un renoncement, mais une ambition. Elle est la condition pour transformer la légitimité électorale en succès politique durable, et pour inscrire la Guinée dans la trajectoire des nations qui ont su se construire par le dialogue, l’inclusion et la vision.
Moi Ibrahima Tenemba Kourouma <<ITK>>
Citoyen engagé pour l’unité nationale et la gouvernance républicaine.
Diplomate pour nouvelleinfo
